mardi 7 juillet 2009

Réédition de Blind Blake & The Royal Victoria Hotel Calypso


Blind Blake & The Royal Victoria Hotel Calypso – "Bahamian Songs" (Megaphone)

Les 700 îles des Bahamas sont situées plus près de la Floride que des Caraïbes. Leurs musiques ont donc développé une tradition de l’import tout azimut, en piochant ici dans les traditions locales (le mento, notamment), là dans le répertoire des ballades folk américaines, le tout soutenu par une indéfectible nonchalance toute britannique. Ça balance sec à Nassau. Un art du syncrétisme condensé dans une déclinaison du calypso, le goombay, au groove subtil à mi-chemin entre le blues pur et les douceurs caribéennes. Le meilleur représentant du goombay, dans une période qui va des années 30 aux années 60, fut le guitariste aveugle Blake Alphonso Higgs, surnommé Blind Blake (à ne pas confondre avec le bluesman éponyme, même si Higgs paie certainement sa dette au blues avec son pseudo). Ce musicien prolifique dirigeait le groupe de l’hôtel Royal Victoria et s’est forgé une réputation d’entertainer qui dépassait largement les alentours de Nassau. Les chansons de Blake, compilées par le label Megaphone (déjà responsable des rééditions de Karen Dalton), sont certes gorgées de soleil mais elles reprennent surtout la tradition du calypso (reprise plus tard par le ska jamaïcain) de commenter la vie publique, notamment politique, et ses scandales. Deux thèmes qu’on retrouve dans sa chanson la plus célèbre, « Love Love Alone » (le récit de l’abdication d’Edouard VIII, qui régnait alors sur le Commonwealth et donc sur les Bahamas). Blake interprète aussi des chansons traditionnelles de son île : « Run, Come See » en y injectant des parfums de mento, ou « John B. Sail » (une histoire de rafiot adaptée par les Beach Boys en « Sloop John B »). Ailleurs, il interprète au banjo des ballades traditionnelles américaines : « Watermelon Spoiling On The Wire », « You Shall Be Free », « JP Morgan », accompagné d’un groupe entièrement dévoué à sa voix de velours parfois proche de son idole Nat « King » Cole.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

éponyme, éponyme...
Homonyme!

Grinderman a dit…

soit !