dimanche 14 septembre 2008

Soulagez l'administration !



Remplissez vous-même votre fiche Edvige : soulagez l'administration.

IDENTITE. joindre photos (face et profil)

Nom:
Date et lieu de naissance:

(si vous avez moins de 13 ans vous n’êtes pas obligé de poursuivre mais comme vous les aurez un jour, autant le faire tout de suite. Si tu ne sais pas lire ou que tu ne comprends pas les questions demande à tes parents).

Adresse:

Numéro de téléphone :
Adresse électronique :

Diplômes : Profession :

Avez-vous des « signes physiques particuliers et objectifs » ? oui non

(il conviendra tout particulièrement de préciser votre couleur de peau)

Si oui lesquels ?

Antécédents scolaires, judiciaires ou autre (il conviendra de les détailler) :

ENVIRONNEMENT
Au cours de votre existence avez-vous déjà été en contact avec un autre être humain ?
Oui Non

(si vous avez répondu non, vous n’êtes pas obligé de poursuivre mais les services de renseignement risquent fort de ne pas vous croire et de vous imposer, un interrogatoire serré).

Marié union libre pacs célibataire veuf divorcé
Expliquez votre choix :

Avez-vous des enfants ? Age : Prénoms :
Ne pas oublier de leur faire remplir le présent questionnaire s’ils ont plus de 13 ans.

Avez-vous des amis ? Combien ? Vous sont-ils fidèles ?
Précisez leur identité (mieux, remplissez un questionnaire en leur nom, les services de renseignement effectueront les rapprochements) :

VIE SEXUELLE
Oui Non

Dans l’affirmative, précisez la fréquence, la nature, et le nombre de vos partenaires :

Précisez votre orientation sexuelle : hétérosexuel bisexuel homosexuel autre

Régalez vos lecteurs, détaillez vos pratiques :

SANTE
Vous considérez-vous atteint d’un trouble mental particulier ? Si oui le(s)quel(s) ?

Avez-vous un maladie incurable ou difficilement curable ?
Si vous devez mourir très prochainement vous êtes dispensé de poursuivre le questionnaire.

Précisez vos allergies et vos phobies :

OPINIONS POLITIQUES, PHILOSOPHIQUES ET RELIGIEUSES

Avez-vous un dieu ? Un maître ?

Si oui précisez le(s)quel(s) :

Pour qui avez-vous voté en 2007 ? Et avant ?
(vous pouvez répondre sereinement à cette question, elle a été validée par la CNIL)

Le gouvernement actuel vous fait-il peur ? Si oui pourquoi ?
question subsidiaire : vous considérez-vous comme faisant partie de la « mouvance anarchoautonome » ?
(dans l’affirmative, la justice antiterroriste vous surveille déjà et votre incarcération est imminente)

ACTIVITES POLITIQUES ET SYNDICALES

Jouez-vous un « rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif » ?

Dans l’affirmative, vous pouvez cesser de remplir le questionnaire la police sait déjà tout sur vous. Si vous jouez un rôle quelconque en ces domaines (sans qu’il soit significatif)

Quel est-il et auprès de quel parti politique, syndicat, association, collectif, entreprise, club, groupuscule, fondation, famille, église, obédience, cercle, réseau (Facebook inclut ) ?

l’exercez-vous?

Avez-vous récupéré en Préfecture le portait officiel du Chef de l’Etat ?

PATRIMOINE

Etes-vous assujetti à l’ISF ?
(nota : si oui, vous avez nécessairement des amis en haut lieu qui veilleront à vous écarter du fichage, sauf – bien entendu - si vous avez mal répondu à la question relative au vote).

Disposez-vous de comptes bancaires à l’étranger ?
(même nota qu’à la précédente question).

Etes vous propriétaire ? Locataire ?
(précisez la nature et la quantité de biens)

Modèle et immatriculation du (des) véhicules(s) et/ou numéro d’abonnement Vélib :
Numéro(s) de carte(s) bancaire(s) :
Possédez-vous une Rolex ? Des Ray-Ban ?

QUESTIONS BONUS

Pensez-vous que les informations que vous communiquez à la police sont « nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l’exercice de leurs responsabilités » ?
Considérez-vous que votre simple existence constitue une menace pour l’ordre public ?

Soyez zélé, complétez le questionnaire par toute information utile vous concernant ou concernant autrui :

Facilitez encore plus le travail de la police : léchez le coin gauche de cette page afin d’y déposer votre ADN (également validée par la CNIL)

Le dormeur doit se réveiller.

J'ai revu cette semaine Un homme qui dort de Georges Pérec et Bernard Queysanne (1974), dans la réédition sortie en début d'année (qui contient un documentaire passionnant sur Pérec). C'est d'ailleurs Pérec, après l'écriture cathartique du texte, au sortir d'une sévère dépression, qui avait sollicité Queysanne pour la réalisation de ce film sublime de douleur et de beauté, ce film qui fait du noir et blanc le support d'une démarche mentale, une déambulation dans les rives de la non-vie. Le texte est lu par Ludmila Mikaël, c'est Jacques Spiesser qui rentre dans la peau mal nourrie de cet étudiant - double de Pérec - et arpente la ville sans émotion, loin de lui, loin de tout, alors qu'il frôle les gens. Il a renoncé et ce film exigeant, âpre, expérimental, parfois insupportable tant il renvoie efficacement à notre propre solitude, est une perle noire à se refiler avec précaution.

samedi 13 septembre 2008

La belle chanson.

J'aime plutôt le cinéaste Christophe Honoré, ses histoires de jeunes gens très beaux qui se tournent autour dans Paris, souvent réduite à ses boulevards, ses squares et ses cafés. Son adaptation de Bataille (Ma mère) m'avait prodigieusement agacé car il était tombé dans le panneau, en confondant cruauté symbolique et sado-masochisme fashion. Je préfère nettement La belle personne, qui sort ce mercredi, une adaptation de La princesse de Clèves, ou plutôt l'adaptation d'un souvenir de lecture, transposé dans le 16ème arrondissement parisien. Le film se ramifie peut-être inutilement vers la fin mais contient quelques jolis moments (Garrel très Doisnel-esque, et Léa Seydoux est très belle, en effet, avec ses faux-airs d'Anna Karina gonflée de désir et ses moues, ah ses moues). Mais ce que j'aime bien/surtout chez Honoré, ce sont les chansons qui émaillent ses films et leur restent longtemps associées. La belle personne est ainsi ponctué de la chanson Time Has Told Me de Nick Drake, et dans une séquence assez touchante, la patronne du café ("le" café) met une pièce dans le vieux juke-box, et Alain Barrière ressurgit du passé.



Au clou.


Je viens de me souvenir d'une anecdote célèbre : en 1911 la Joconde fut dérobée en plein jour par un individu qui se contenta d'envelopper le célèbre tableau de Léonard dans une couverture, de passer devant les gardiens en leur disant simplement "pour la restauration", et de rentrer tranquillement chez lui. Pendant trois ans, il put s'adonner au sourire de la belle inquiète. Au début, on soupçonna Guillaume Apollinaire, car celui-ci était venu restituer au Musée des statuettes dérobées par son amant de l'époque ! Une forte somme fut proposée pour tout indice (25 000 francs), et on finit par repérer le tableau en Italie, chez un antiquaire florentin, à qui la somme fut versée. L'anecdote est celle-ci : on raconte que pendant les trois années d'absence de la Joconde au Louvre, les visites furent encore plus nombreuses, les cohues incroyables et qu'on dut renforcer la sécurité, tant les gens voulaient à tout prix apercevoir le... clou de la Joconde!

jeudi 11 septembre 2008

Yaya bon.


Herman Düne épisode 2. Je rentre du vernissage très agréable (contrairement à celui de la BANK, située à deux pas) de l'expo de David-Ivar qui se tient jusqu'au 25 octobre à la galerie Lucile Corty. Le barbu à l'affabilité jamais précieuse ou feinte nous a parlé de son amour pour Woody Allen, de sa passion pour les romans graphiques américains (Chris Ware en tête, dont on retrouve le trait tremblotant sur certains dessins), de ses tournées et de son amour pour la Suède et le graveur Anders Zorn. Dans la pièce du bas, on découvre les dessins qui illustrent l'épais livret de l'album Next Year In Zion (celui de l'édition limitée). Et dans la première salle, une série d'une dizaine de dessins grand format réalisée avec sa copine Mayon. On y voit une créature bleue se trimballer dans des paysages de forêts suédoises et de rivières glacées, un peu paumée, effrayante et touchante à la fois.

mercredi 10 septembre 2008

Interlude.

Herman Düne, la barbe.


Excellent concert hier soir de Herman Düne, release party en famille de leur nouvel album "Next Year in Zion" que je m'infuse depuis une semaine. Certes je préfère les Düne des débuts, quand ils enregistraient à l'arrache des morceaux bruts portés par la voix d'André, le vrai génie du groupe qui s'est barré dès que les majors ont commencé à roder (on ne conseillera jamais trop d'écouter son nouveau projet, Stanley Brinks, il jouera d'ailleurs le 26 octobre au Café de la danse). Mais le talent de David-Ivar (Yaya) m'a sauté à la figure, littéralement. Voix en or, talent de mélodiste, présence scénique et impeccable look barbudo/chemise à carreaux, gentillesse manifeste, je me suis dit que ce mec mérite le succès et que celui-ci s'est vraiment façonné avec le temps. Respect, donc.
Et mention spéciale au duo This Is The Kit, qui assurait la première partie. Très jolie voix et quelques "folk instant classics", comme disent nos amis britanniques.

mardi 9 septembre 2008

Kurt Wagner is back.

Kurt Wagner présentait hier soir quelques chansons de son nouvel album "Oh (Ohio)" qui sortira en octobre (très soyeux et plutôt ambitieux). Il a commencé par fendre la foule compacte en hurlant comme un zouave, avant de rejoindre la scène minuscule du Social Club et d'entamer un tour de chant à l'ancienne, voix et bois de guitare entrelacés. Moment de recueillement, avec cette touche d'humour yankee que j'ai toujours aimé chez lui. Les deux cowboys de Calexico ont pris le relais avec quelques morceaux de leur dernier album (et une reprise de Katerine, "J'adore" !), c'était bien même si je dois avouer que je n'ai jamais réussi à me passionner pour eux, bizarrement, overdose de mariachi style, je présume...
(Ps : merci Lambchop, comprendra qui peut.)

dimanche 7 septembre 2008

Château de Tokyo.

Vernissage hier soir du Château de Tokyo, délocalisation du Palais de Tokyo au... Château de Fontainebleau. Bon travail de scéno, certaines oeuvres (dont le fameux éléphant, qui était l'animal favori de François 1er) prennent une dimension tout à fait passionnante dans ce contexte plutôt chargé. Lives de DJ Oof en pleine forme (mention spéciale à l'extrait de Take On Me) et Danger, le mec qui monte en ce moment mais dont les couches m'ont singulièrement fatigué, sans oublier le set final et multivitaminé du sympathique Pilooski, dans une ambiance très kids lookés.





samedi 6 septembre 2008

La soprano qui chantait fabuleusement faux.

Je reprends à l'identique ce titre d'un papier de Libé. Eric Dahan se félicite de la sortie en DVD d'un concert mythique de la "diva" Florence Foster Jenkins au Carnegie Hall, en 1944. New-yorkaise excentrique, ancienne prodige du piano, elle fut une mécène très aimée mais qui pensait savoir chanter, malheureusement (ou heureusement). À un tel point qu'elle louait les services d'orchestres et de théâtres pour des récitals devenus totalement cultes. L'histoire est un peu cruelle, car Florence Jenkins, minée par son "triomphe", fut frappée d'une crise cardiaque un mois après.


Une fan se frotte elle aussi à Mozart :

vendredi 5 septembre 2008

À la redécouverte de Delia Derbyshire.

Réapparition ces jours-ci de Delia Derbyshire, compositrice britannique décédée en 2001 et dont on reparle après la découverte cet été d'un véritable magot, 267 cassettes qui constituent les archives de la pré-histoire de la musique électronique, pas moins. Voici le générique de Dr Who qu'elle co-composa en 1963 au sein des BBC Workhops (en fait elle retravailla la partition originale au moyen d'appareillages électroniques et de synthétiseurs d'une autre époque, avec l'aval de Ron Grainer). Puis une vidéo de Délia elle-même, so british, ça nous change des vieux barbons du GRM.


Et ce morceau de 1972, qui préfigure une esthétique largement popularisée maintenant par des labels comme Warp :

La mare aux canards.




mercredi 3 septembre 2008

Saints de glace.

Je viens de retomber (un jour il faudra théoriser ces hasards conscients, ces méandres de la pensée qui nous font chercher des trucs totalement enfouis et qui obéissent à une nécessité de retour) sur ce clip des Pale Saints. J'avais au lycée une passion démesurée pour ce groupe, dont l'album In Ribbons coincide pour moi avec la découverte du rock indé, encore davantage peut-être que My Bloody Valentine ou les Pixies. Guitares éthérées, voix blanches, noisy pop évanescente, cheveux dans les yeux, tout est là, un peu figé et 90s mais je trouve que ça n'a pas trop mal vieilli. Mots-clés = 4AD, Leeds, Ian Masters, post-ado.

lundi 1 septembre 2008

La Marche turque a le hoquet.

Lazy Sunday Afternoon.

Château et domaine de Chamarande dans l'Essonne - Expo "Légende" - Puis suivre la Juine jusqu'à Etrechy, si possible sans se paumer vers la quatre voies.





dimanche 31 août 2008

Un éléphant, ça trompe énormément.

Aux infos ce matin, on apprend qu'Eric Besson (le premier félon, celui qui a succombé aux sirènes sarkozistes, avant d'être suivi par tant d'autres) a failli être piétiné en Afrique par un éléphant, alors qu'il campait en pleine brousse. Ce qui doit bien faire marrer les éléphants d'un autre genre réunis à la Rochelle.

Tiens, au fait :

samedi 30 août 2008

Que sais-je ?

Le saviez-vous ? Le mot "spam", généreusement traduit "pourriel" par l'Académie Française, proviendrait de ce sketch des Monty Python :



Wikipedia nous apprend ceci :
"L'association de spam et de indésirable provient d'un sketch comique des Monty Python dans lequel le même mot, désignant un jambon en boîte de basse qualité, envahit la conversation et le menu d'un petit restaurant. SPAM est la contraction de SPiced hAM (jambon épicé) et est une marque créée et déposée par Hormel Foods en 1937. Ce sketch parodiait d'ailleurs une des premières formes de message indésirable. En effet c'est une publicité radiophonique pour SPAM, pendant laquelle la marque était répétée de nombreuses fois, qui est à l'origine du sketch des Monty Python.

Ce « pâté » a largement été utilisé par l'intendance des forces armées US pour la nourriture des soldats. Un dessin dû à la plume du sergent George Baker montre tout le cas que les soldats faisaient de cette nourriture considérée comme une cochonnerie lassante et décourageante. Incidemment George Baker est le créateur d'un personnage devenu célèbre : the Sad Sack paru pour la première fois en 1942 dans Yank dont les dessins ont été réunis par l'éditeur Simon & Schuster en 1944. Dans cet ouvrage vers la fin du volume (non paginé) figure un ensemble de sept dessins dont le titre générique est « SPAM ». Le copyright est de 1944. Il s'agirait de la première émergence publique du mot pour désigner un objet repoussant dont on aimerait bien ne pas être le destinataire.

vendredi 29 août 2008

jeudi 28 août 2008

Du coeur à l'ouvrage.

Je n'aime pas spécialement le duo néo-soul Gnarls Barkley (même s'ils ont toute ma sympathie pour avoir sorti Gordon Gano de la dèche avec leur reprise des Violent Femmes) mais ce clip sorti au milieu de l'été est très réussi. On y voit un jeune homme évincé par sa belle lui offrir littéralement son coeur. Gore mais on s'y fait plutôt bien :

lundi 25 août 2008

Place de Tichy.

Il faut aller caresser du regard les jambes et les galbes flous des femmes de Miroslav Tichy. Ce "photographe" tchèque pour qui le terme DIY aurait pu être créé, est exposé pour la première fois en France (au Centre Pompidou jusqu'au 22 septembre). C'est une pluie de jambes et de visages de filles anonymes en noir et blanc, ou sépia, pour la plupart photographiées dans les années 60. Tichy utilisait un matériel de fortune bricolé avec du bois et du scotch, en redéfinissant au passage une camera obscura primitive volontairement à l'opposé de l'impératif de progrès prôné par le pouvoir communiste alors en vigueur en Tchécoslovaquie et qui causera par ailleurs une mise à l'écart volontaire, la marche du monde étant soumise à trop d'impératifs. Tichy hantait la ville et ses espaces de loisir, à la recherche des corps et des lumières, et il concevait d'étranges cadres pour ses photographies, qu'il retravaillait parfois au stylo.
Pauses longues, lumières surnaturelles, corps émouvants, parfois consentants, parfois non mais on n'est jamais ici dans le voyeurisme. Tichy a toujours un oeil amoureux même s'il prétend que tout est dû au hasard. Drôle de bonhomme maintenant âgé de 82 ans, tout à fait brut, une voix singulière au milieu du conformisme ambiant.





dimanche 24 août 2008

Discomobile.

Soirée Dirty hier dans les beaux quartiers, avec le live tonique de Discodeine et la discomobile de Guillaume S. Une inconnue mal fagotée dansait sur la scène, photographiée par le représentant d'un magazine branché japonais.



samedi 23 août 2008

Saudade.


Dans la même semaine j'ai reçu deux mails en provenance de Lisbonne. Ruelles de l'Alfama, vous me manquez.


Découvrez AFX!

vendredi 22 août 2008

Susan Christie.

A l'occasion d'un portrait d'Andy Votel, ce britannique responsable de rééditions formidables, dont "L'assassin enfant des mouches" de Jean-Claude Vannier, je réécoute l'album "Paint A Lady" de Susan Christie, qui date du début des années 70. J'adore mais je comprends que ce soit resté confidentiel à l'époque. Complètement défoncé. C'est d'ailleurs le thème de cette chanson, sussurée, mugie, beuglée, caressée. Nul ne sait ce qu'est devenue Susan Christie.

mercredi 20 août 2008

Holidays in the sun.

Dans le désordre : Vallée de Brezons, Théâtre Antique d'Arles, Valuéjols, Aurillac, Avignon, Villeneuve lez Avignon, Île du Frioul.








mercredi 13 août 2008

Rock sapajou.

Gainsbourg parrain du néo-psyché foutraque ? Encore plus vénéneux que ses innombrables suiveurs...

mardi 12 août 2008

You sexy mother f***** !

La McCain girl vient de débarquer sur Youtube, dans une vidéo aux relents South Park (du pauvre). Bizarre, comme c'est bizarre...

Pendant ce temps, les vidéos comiques à caractère politique (ou l'inverse) font florès sur la toile et aux States, et la Super Obama girl ne lâche pas l'affaire. C'est la guerre chez les super girls :

dimanche 10 août 2008

RIP Isaac Hayes.


L'Astre d'Orient.

Je regarde souvent des vidéos de Oum Kalsoum, qui me fascinent par leur ferveur et surtout par les réactions du public. J'ai le souvenir d'une émission, une nuit d'été sur France Culture, consacrée à cette diva dont on a du mal à percevoir l'aura aujourd'hui, et dont la Callas elle-même était dingue. Une expo Oum Kalsoum se tient cet été à l'Institut du Monde Arabe, je ne l'ai pas encore visitée mais j'ai entendu des avis contrastés à son sujet. A suivre...

samedi 9 août 2008

Incinerate.

Pan sur le bec : depuis le vernissage de l'expo qui leur est consacrée au LIFE de St Nazaire, j'écoute en boucle l'album "Rather Ripped" des vétérans Sonic Youth. Je l'avais à peine remarqué à sa sortie, en 2006, sur le mode c'était mieux avant etc blabla, bref le refrain habituel... Quelle erreur ! Cette musique sauvage, pas du tout rangée des voitures, est ce qu'ils ont fait de plus abrasif depuis longtemps. Sonic Youth se produit d'ailleurs ce soir à St Nazaire, dans le cadre du festival Les escales.

vendredi 8 août 2008

Best of Pitchfork festival.

Le site Pitchfork a lancé sa propre "télévision" il y a quelques mois, pour une version pas tout à fait finalisée (la circulation est parfois étrange) mais qui recèle déjà pas mal de pépites, notamment les vidéos des dernières édition du festival Pitchfork. Sélection.

Battles - "Atlas" en 2007, soit une version contemporaine du groove. Imparable. Je me souviens de les avoir découverts au (défunt ?) festival Sous la plage, jardins André Citroën et d'avoir été estomaqué par cette musique venue de nulle part.


En 2007 toujours, Girl Talk conviait Grizzly Bear à un mash-up vivant.

Au printemps dernier, à Chicago, Dinosaur Jr (line-up originel, avec Lou Barlow à la basse) livrait une version intacte de "Freak Scene". Chair de poule garantie...

mercredi 6 août 2008

Mange-disque (1).

J'aime beaucoup, perdues au milieu d'un océan d'images parfois médiocres parce que non modérées (on vire le cul mais pas la médiocrité, telle est la baseline de Youtube) les vidéos de vinyles qu'on trouve sur le net. C'est parfois intéressant ou émouvant de revoir des groupes qu'on aime mais il est rare que ces extraits TV mal repiqués soient réellement dignes d'intérêt. Alors quand je tombe sur des vidéos réalisées par des maniaques du vinyle, je les mets de côté, et de plus je trouve que certaines sont très belles, comme du Christian Marclay un peu pauvre. Un certain Morasch est une source inépuisable, il est très fier de ses 45 tours originaux.





mardi 5 août 2008

Revoir Amalia.

Amalia Rodrigues - "Povo que lavas no rio" (1961) :


A chaque fois que j'écoute du fado, souvent par hasard, les mêmes émotions affluent, ressurgissent ces moments passés à arpenter Lisbonne et Porto à la recherche d'un je ne sais quoi d'originel, de pur, de réellement douloureux. Mais si le fado est le chant des femmes qui évoquent leur amour envolé (initialement leur homme marin parti en goguette), il est aussi ce chant du fatum latin, ce chemin sur lequel on piétine parfois ou qui à l'inverse prend des airs de pistes d'envol. C'est un peu tout ça qui jaillit quand je regarde cette vidéo d'Amalia Rodrigues, la Oum Kalsoum du fado (récupération nationaliste en moins, quoique...).

lundi 4 août 2008

Cantal sourire.

Redécouvertes ces jours-ci de certains sentiers du Cantal, que j'ai foulés il y a longtemps mais peut-être sans en ressentir pleinement le charme. Syndrome estival certes (c'est pour moi la saison des résolutions...) qui me replonge chaque été sur la route des fours à pain, des ombres bienvenues, des valses hésitations du Puy Griou qui joue à cache-cache avec les fougères desséchées par la canicule frappant les tempes. C'est le temps des lacets semi-montagneux, des chiens de ferme stupides, des anciennes fermes retapées et qui se dévoilent au sortir d'un lacet herbu, celui des échappées belles et des paroles entrecoupées, de la découverte de la Porte du Lion, édifice rocheux aux reliefs très... féminins des hauteurs de Thiézac. C'est le temps aussi des découvertes, notamment de cette zone sud du Cantal écartelée entre le Lot et l'Aveyron, au sud de la Chataigneraie, une zone de forêts et d'eau à quelques encablures de Conques et du charmant village de Vinzelle. Fouler ces sentiers comme pour la première fois, envisager avec virginité ces paysages tant de fois reconstruits alors que j'étais loin d'eux, parcourir avec un oeil neuf ces petits chemins et boire à l'eau de leurs sources. Respirer, souffler, envisager.

Fortes chaleurs.

Il fait chaud, tu en as marre de brandir ton éventail et de boire de l'eau glacée qui te nique les gencives ? Regarde cette vidéo de Sunn o))), la température devrait sensiblement diminuer.

vendredi 1 août 2008

Squarepusher !

Je regarde cette vidéo d'un concert de Squarepusher, en me souvenant de la gentillesse de ce type très introverti, lorsqu'il avait joué à Aix en 2003 comme special guest de Warp@Vasarely. Pour certains, cette musique n'est qu'un indigeste pudding électro "prog", au sens techniciste du terme. Pour moi, c'est la quintessence de l'esprit Warp, un peu anachronique maintenant que le label de Sheffield est passé au rock lambda (Pivot et consorts) et fait du surplace avec un album mou du genou de Leila ou cet étrange musique que continue à produire Autechre.
En prévision l'an prochain, une tournée mondiale qui célèbrera les 20 ans du label, avec des festivités parisiennes à la Cité de la Musique et à la Salle Pleyel (on murmure que les gros noms du label seront de la partie).

jeudi 31 juillet 2008

Black Dice

Lecture ces jours-ci d'une bio - fort mal écrite et mal traduite, malheureusement - de Roland Kirk, l'homme aux trois saxos, ce qui m'amène en conséquence à me plonger dans des vidéos historiques du jazz le plus libre qui fut, encore plus free que le free, car aérien, comme détaché de toute contigences techniques, comme s'il pouvait s'en passer à force de maîtrise. Et quand on parle de Kirk, Coltrane n'est pas loin. Petite série de grands moments.

Coltrane + Getz + McCoy Tyner + Peterson en 1960 :


Rahsaan Roland Kirk livre sa version - incroyable - du hit I Say A Little Prayer en 1969 :


John Coltrane Quartet - My Favorite Things en 1965 :

Vie privée vie publique.

Lu sur Ecrans du jour, cette réponse très laconique du grand méchant Google à un couple qui se plaignait que sa maison figurât sur Google Maps

Google : « une vie vraiment privée est impossible »

Le service Street View de Google Maps, qui permet, dans certains coins du monde, de consulter des photos panoramiques de chaque rue, s’attire régulièrement des ennuis ou des remontrances. Cette fois, c’est un couple de Pennsylvanie qui a porté plainte contre Google car on trouvait des photos de sa maison dans Street View. Au lieu de demander simplement le retrait des photos, le couple Boring, un peu procéduriers, a porté plainte contre Google. Ils réclament au moins 25 000 dollars (environ 16 000 euros) de dommages et intérêts : selon eux, Google « leur a causé des souffrances mentales et a diminué la valeur de leur propriété ». Selon eux, leur maison, située au bout d’une route privée, n’aurait jamais dû être photographiée.

Google, qui a retiré les photographies dès le dépôt de la plainte en avril, a envoyé hier sa réponse au tribunal (réponse mise en ligne sur le site The Smoking Gun), demandant le retrait de la plainte. On est bien loin d’un mea culpa : « Avec la technologie des images satellites aujourd’hui, une vie vraiment privée est impossible, même dans le désert. Quoi qu’il en soit, les plaignants ne vivent pas dans le désert et sont loin d’être des ermites. » Les avocats de Google ont ajouté que les images en question étaient « des photos banales de l’extérieur d’une maison » et qu’« il n’y avait pas d’indication claire qu’il s’agissait d’un chemin privé ».

Les voitures-caméras de Google, qui ont commencé leur activité au printemps 2007 aux Etats-Unis, arpentent depuis quelques mois les rues des capitales européennes. Les photos panoramiques ne sont cependant pas encore visibles. Mi-mai, Peter Hustinx, le contrôleur européen de la protection des données, avait insisté sur le besoin de respecter la vie privée : « Prendre des photos dans la rue n’est pas un problème en soi. Mais prendre des photos partout peut en être un. Google doit respecter les lois sur la protection des données, leur succès ici en dépend. Ce sont des gens intelligents, je pense qu’ils n’ignoreront pas la loi. »

Que devient Mobius Band ?

L'été est propice aux coups d'oeil dans le rétro et je me suis demandé l'autre jour ce que devient Mobius Band, un groupe du label siglé new techno Ghostly International. J'adore la voix du chanteur, qui me rappelle parfois celle de Michael Stipe. Là, c'est la version edit de The Loving Sounds of Static, qui date de 2006 et n'est jamais sortie en Europe. Même le distributeur de Ghostly ne connaît pas ce groupe, ce qui est très bizarre...

Gotye

Ecoute en boucle ces jours-ci, à la fraîche, de Like Drawing Blood, l'album de Gotye, un belge vivant en Australie. Cet album date de 2006 mais sortira en septembre en Europe. Pour le décrire, il suffit juste de convoquer le Beck de Odelay, avec une touche de Jamie Lidell (dont il assure certaines premières parties). J'avais découvert ce musicien par le clip très réussi de Hearts A Mess.
Et j'aime bien le blog du garçon, qui s'amuse par exemple à ralentir We Are The World, l'hymne pré-alter 80s.

jeudi 17 juillet 2008

Gare au renard !

J'ai découvert Fleet Foxes ce printemps, à la faveur de leur concert à la Flèche d'Or. Au moment où tout le monde se prosterne (à raison) sur la réédition du "Pacific Ocean Blue" de Dennis Wilson, il peut être intéressant de se plonger dans les correspondants d'aujourd'hui des Beach Boys. Les Fleet Foxes n'ont pas le talent mélodique de la bande à Wilson (Brian) ou, plus près de nous, de Grizzly Bear, mais certains de leurs morceaux ont une vraie grâce, instantanée, qui nous replonge sans oeillères vers une conception 70s de la composition. J'aime beaucoup "White Winter Hymnal", plutôt rafraîchissant, et le clip vaut le détour.



Et pour mémoire, Dennis Wilson, "Are You Real ?" :

mardi 15 juillet 2008

Gare au Barouh

Réécouter Pierre Barouh (à l'occasion de la parution de l'intégrale de ses enregistrements chez AZ), c'est se replonger dans une époque où les voyages représentaient encore des possibilités d'aventures, où les tuyaux n'étaient pas un Tout indépassable et où l'on savait prendre son temps. Barouh, comme Grozdanovitch ou Nicolas Bouvier, est un passant, un flâneur aux aguets, un passeur amoureux (c'est d'ailleurs lui et non pas Henri Salvador, qui a fait découvrir la bossa originelle, Venicious de Moraes ou Baden Powell, époque dont il parle avec une retenue et une modestie remarquables). Dans le documentaire qui accompagne ce petit coffret (32 chansons, 1963-66), Barouh raconte son parcours, ses rencontres (De Moraes, justement, Montand - c'est lui l'auteur de "La bicyclette", publié juste avant mai 68, l'importance d'"Un homme et une femme" à ses débuts, l'enregistrement du célèbre "Samba Saravah" en une prise à Rio après une nuit de fête sur la plage, ses retours à St Germain et ses voyages à Lisbonne et au Japon...).
Voilà qui donne de furieuses raisons de larguer les amarres...

Les grosses chaleurs.

En tombant par hasard sur le "Nosferatu" de Murnau (1922) alors que je recherchais le morceau du même nom de Slint (album "Spiderland"), je me mets à méditer sur la pureté de ce cinéma là, qui créait sa propre grammaire et avait recours à des effets minimaux, pour un résultat encore efficace pour peu qu'on sache encore écarquiller les yeux.
"Wait, young man, you can't escape your destiny by runnin' away"...

vendredi 11 juillet 2008

Le retour du mur du sang.


J'avoue avoir longuement hésité, au point d'en oublier la date, et puis le concert londonien, et puis des vidéos, et puis des commentaires, des mails, la rédaction d'une mini-chronique de "Loveless" pour Volume (dossier 200 albums) m'ont convaincu au finish de claquer 40 euros pour assister au retour de My Bloody Valentine dans cette espèce de boîte de conserve qu'est le Zénith (mais pourquoi diable ici ?).

"Loveless", donc, album-matrice dont je crois connaître chaque mouvement, à défaut d'en comprendre les paroles (ce qui est pratique au niveau de la projection, soit-dit en passant). On a tout lu ou entendu sur cette musique-brouillard, mais c'est surtout l'intimité avec elle qui me passionne, la manière dont chaque écoute laisse envisager d'autres territoires, un peu comme si ces guitares en fusion qui brouillent les voix claires changeaient de forme en permanence, au gré du moment et de l'endroit. "Loveless" n'est pas le même album pour moi qu'en 1992, quand on se le refilait en douce au lycée, et c'est précisément pour ça que voir MBV pour la première fois, assister à ce moment où ils replongent dans leur magma sonore, a provoqué chez moi des sentiments mêlés, une vague d'instants et le reflux de visages en même temps que sentiment d'une intensité musicale rarement atteinte.

Il faut dire que tout était en place, les visuels tout d'abord, qui au début du concert étaient constitués de petits films expérimentaux très printaniers, un chemin forestier en rotation, des fleurs, de l'herbe, qui collaient parfaitement aux morceaux. J'ai mis quelques minutes à me connecter aux voix de Belinda (toujours aussi gracile, et cet air d'être là mais pas tout à fait, ses grands yeux fixant la pénombre pour mieux s'oublier) et Shields, toujours aussi peu disert, avec cette dégaine d'éternel adolescent mal réveillé. Je me suis dit que depuis 15 ans, ce type avait eu tellement de temps pour ruminer ce retour, tellement de propositions de rebrancher les amplis que ce devait être autre chose qu'un concert de plus, en dépit du cash-flow qui doit lui tomber sur la tête.

Le concert en lui-même, c'est-à-dire détaché de tout affect ou madeleine de Proust, fut excellent, les vagues noise s'enroulant autour d'elles-mêmes avec l'aide de boucles puissantes (qui partaient parfois trop tôt !). A quelques reprises, on atteignit même le son noisy idéal, jamais saturé, plutôt diffracté et précis, formant une pâte sonore intemporelle. "Glider"," To Here Knows When", "Feed Me With Your Kiss", s'incarnaient sous les yeux d'un public essentiellement composé de vieux fans déplumés et très émus qui, tous, attendaient le fameux break de "You Made Me Realize", vieux fantasme interrompu 3 ou 4 fois par le limitateur sonore (j'ai depuis appris que MBV a allègrement franchi la barre des 120db, là où la limite est fixée à 106) ce qui provoqua l'ire de Shields. Après quelques minutes de flou et de négos il reprit le break-brouillard avant une nouvelle et dernière coupe. Fin du concert en queue de poisson, mais trop tard, le mal était fait, nos oreilles saignaient, ce fut le moment de partir, vite vite, béat et en nage, la tête toute bourdonnante et le coeur en toupie.

"To Here Knows When", pour mémoire :